Pour sa cinquième exposition, le Centre de l’illustration nous proposait de découvrir un artiste qui renouvelle les codes graphiques traditionnels, un poète dont la palette terre et les univers surréalistes surprennent… et séduisent. Primés à de nombreuses reprises, les livres illustrés par Martin Jarrie connaissent un succès continu en librairie. Ainsi, les deux premiers albums qu’il a signés, Toc, toc ! Monsieur Cric-crac, avec Alain Serres et Le Colosse machinal avec Michel Chaillou, lui ont permis de remporter le grand prix de la Biennale de l’illustration de Bratislava en 1997, après l’avoir mis à l’honneur du Salon de Montreuil en 1996. Né en 1953, Martin Jarrie s’est tourné vers l’illustration d’albums jeunesse dans les années 1990, après un début de carrière dans la publicité et le livre documentaire. En fait, c’est un cheminement personnel qui lui a véritablement fait ressentir la nécessité d’exprimer la part d’enfance qu’il avait enfoui au plus profond de lui : une aubaine pour les nombreux inconditionnels de son art. Profondes, telles sont les couleurs qui composent sa palette terre. Tonalités ocre, brunes, bleues et vertes lui permettent de construire un univers entier où le moindre insecte est dessiné avec la minutie d’un documentaire et la fantaisie d’un poète surréaliste. Traits épurés et perspectives insolites marquent également son style inspiré d’influences aussi variées que Giotto, Chirico ou Arroyo. Œuvres graphiques à part entière, ses illustrations invitent à poser un regard amusé et étonné sur la richesse et l’étrangeté du monde que les histoires décrivent, un monde où le réel et l’absurde se côtoient en permanence, un monde finalement très proche du nôtre. L’exposition « Palette terre » a permis au public du Centre de l’illustration de parcourir les différents univers développés par Martin Jarrie au fil des albums, mais également de découvrir son travail pour la presse et notamment Télérama, Le Monde, Libération, Les Echos ou encore La Vie. D’autres salles étaient consacrées à des aspects moins connus de son travail, bien que tout aussi essentiels : peintures marouflées sur bois et sur papier, sculptures, dessin hyperréaliste, etc. |